Deux ans après l'exposition conjointe de Eva Ascoli et Lorenz Nussbaumer, ce dernier, désireux de faire vivre sa série de peintures intitulée "L'instant du souvenir", prendra possession de nos murs.
Nous vous invitons à découvrir les 4 saisons en tableaux du 28 au 30 août 2026.
Vernissage, 28 août, 17h00-20h00
Exposition en présence de l'artiste, 29 et 30 août, 14h00-18h00
Imaginez le cheval de la mémoire lancé sur la piste du temps. Il galope sur un cercle en suivant le cycle des saisons. Il faut fixer tranquillement sa course. Maintenant, il faut sauter dans la sciure. Doucement, il faut se mettre à son rythme. Maintenant, il faut se hisser debout sur sa croupe. En équilibre dressé, la ronde et le sautillement mélangent les odeurs du présent et du passé. L’été, l’automne, l’hiver, le printemps, l’été … Des impressions se forment dans la vision périphérique. Puis disparaissent. Puis reviennent. Les blancs alternent avec les couleurs. Les lumières jouent avec les ombres. Soudain, l’instant d’un souvenir fixe une tranche de vie. Lorenz Nussbaumer en développe minutieusement l’image dans une dimension de X sur Y, assez longue pour contenir l’importance et assez fine pour rendre la fragilité. Les tableaux se suivent. La régularité se fait respiration. Il faut laisser à l’expérience le soin de nous dire ce qu’elle a à nous dire. Être patient. Comme avec les rêves. Qu’ai-je vécu ? Qu’est-ce que je retiens quand je fais le tri ? Il ne faut pas se perdre. Rester précis avec le souvenir, mais en préserver le trouble. Faire rayonner la vie. Pour mieux partager son éclat. Dans son exposition "L'instant du souvenir", Lorenz Nussbaumer s’exprime avec la légèreté qui convient à la confidence. Ce souffle donne son ironie au projet d’encadrer le temps qui passe, projet aussi cruel que futile. Pas de nostalgie pourtant, la complicité entre la personne qui montre et la personne qui regarde naît toujours dans un sourire. Cet étonnement joyeux nous oblige à prendre la commune mesure du monde que nous voyons. La peinture de Lorenz Nussbaumer est éminemment singulière parce qu’éminemment politique dans la mesure où elle cherche constamment à établir une communauté du regard.                                                                                                                                                                                   Yves Erard
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